Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

SBF 120

PX4 - FR0003999481
6 033.09 -0.21 %

Sbf 120 : Le "mal-aimé" Soitec prend sa revanche, pire début d'année en Bourse pour LVMH... Quelles actions du SBF 120 progressent (et chutent) le plus sur les trois premiers mois de 2026?

Aujourd'hui à 06:00
Soitec s'est démarqué quand Vusion fait face à une grosse crise de confiance

(BFM Bourse) - Alors que le premier trimestre s'est achevé mardi 31 mars, BFM Bourse fait le point sur les gagnants et les perdants du deuxième grand indice de la Bourse de Paris. Soitec et Totalenergies occupent le haut du pavé, tandis que Vusion ou Worldline ferment la marche.

Le premier trimestre s'est achevé mardi 31 mars dans la douleur. L'occasion de constater que la Bourse de Paris a nettement souffert, guère aidée par l'éclatement du conflit en Iran qui a annihilé les efforts consentis en février. Sur le seul mois de mars, le CAC 40 a abandonné 8,9%, accusant son pire score mensuel depuis six ans.

Ce mois de mars difficile sur les marchés financiers a nettement plombé la performance du CAC 40 depuis le début de l'année. L'indice vedette de la place parisienne redonne 4,1% depuis le début de l'année tandis que le SBF 120, le deuxième plus grand indice de la place, accuse un repli de la même ampleur. Malgré cette contre-performance notable de la Bourse de Paris, certaines valeurs signent un excellent parcours boursier depuis le début de l'année quand d'autres, au contraire, souffrent.

Quelles grandes actions de la Bourse de Paris ont progressé sur les trois premiers mois de 2026? A contrario, lesquelles accusent les plus forts replis sur cette période?

BFM Bourse fait un point sur le "top 10" et le "flop 10" du SBF 120, le deuxième grand indice de la Bourse (et qui ajoute au CAC 40 un total de 80 autres actions) dans l'infographie ci-dessous. Les variations ont été arrêtées à la clôture du mardi 31 mars.

Soitec : la revanche du mal-aimé

"Les derniers seront les premiers", cette phrase biblique reprise dans le titre d'une célèbre chanson de Céline Dion s'applique sans aucun doute à Soitec. En 2025, la société avait vu son cours de Bourse s'effondrer de 73,4%, en raison d'une multitude d'avertissements sur résultats. La multiplication de ces revers avait conduit la société à se séparer de son directeur général, Pierre Barnabé.

L'année 2026 se présente sous de meilleurs auspices pour le groupe isérois. Son action pointe à la première place de ce classement à la faveur d'une hausse de 122,7%. Cette confortable avance lui permet même de devancer très largement ses deux poursuivants.

Les investisseurs ont repris confiance dans le dossier Soitec, rassurés par la publication d'une activité supérieure aux attentes sur le dernier trimestre publié et à des prévisions plutôt rassurantes.

Soitec a aussi été bien aidé ces dernières semaines par l'emballement sur les réseaux sociaux autour de son titre. Un post sur X a déclenché une fièvre boursière sur le dossier, vantant les perspectives du groupe pour une technologie développée par Nvidia.

Le groupe isérois retrouve aussi les faveurs du marché qui espère qu'il a enfin touché le fond de la piscine. C'est ce que sous-entend Citi qui avait fait remarquer que les attentes globales du marché ont rapidement augmenté, "certains investisseurs prévoyant un chiffre d'affaires de 1 milliard d'euros (de Soitec) dans la photonique d'ici l'exercice clos en mars 2030, dépassant largement les quelque 100 millions d'euros actuels pour l'exercice clos en mars 2026".

Le groupe a aussi récemment reçu l'appui de Morgan Stanley qui est passé à "surpondérer" soit l'équivalent d'acheter dans la terminologie de la banque américaine - estimant que Soitec sera porté par ses substrats pour le silicium de photonique.

Dans ce même secteur, STMicroelectronics n'est pas en reste et occupe la neuvième place de ce classement (+27,47%), la société ayant enchaîné depuis le début de l'année les annonces positives. Le spécialiste des semi-conducteurs avait fait part début février d'une extension de son partenariat avec la division cloud du groupe américain, d'un montant de plusieurs milliards de dollars. Un peu plus tôt dans l'année, le groupe franco-italien de semi-conducteurs avait publié des résultats globalement supérieurs aux attentes en fin d'année 2025 tandis que sa prévision de revenus pour les trois premiers mois de 2026 avait dépassé les anticipations des analystes.

Ce qui tranche avec l'ancienne habitude du groupe franco-italien qui avait pour coutume de livrer des prévisions décevantes pour les trois mois suivants.

Totalenergies, Viriden et Vallourec : la hausse du baril de pétrole en soutien

Depuis l'éclatement du conflit au Moyen-Orient, le secteur pétrolier a sans surprise le vent en poupe en Bourse. Dont Totalenergies qui grimpe de 45,45% sur l'ensemble de 2026, signant de loin la plus forte hausse du CAC 40, et la troisième du deuxième indice de la Bourse de Paris. L'action a atteint le palier des 80 euros, et évolue désormais à des sommets historiques.

Les attaques contre les infrastructures gazières et pétrolières ainsi que le trafic a l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite l'équivalent de 20% de la consommation mondiale de brut et de gaz naturel liquéfié (GNL), ont propulsé les cours des hydrocarbures. Ce qui a par ricochet entraîné une forte hausse des actions des majors pétrolières.

Cette situation n'a pas échappé à Morgan Stanley, qui a signalé dans une récente note que les cours du pétrole vont rester élevés pendant longtemps, identifiant Totalenergies comme la bonne pioche en Bourse pour en tirer parti.

Avant Morgan Stanley, Barclays avait rehaussé mi-mars son objectif de cours sur Totalenergies pour le porter à 94 euros. La banque britannique avait alors considéré que l'action du groupe français est "sous-évaluée" alors que l'entreprise "affiche certains des rendements les plus élevés (du secteur, NDLR) tant dans ses divisions en amont qu'en aval (raffinage, distribution, NDLR), et présente l'activité la plus résistante" à la baisse des prix de marché.

Ce contexte de marché a aussi profité aux valeurs parapétrolières, Viriden, l'ex-CGG, a repris 38,62%, quand Vallourec a grimpé de 37,09%, s'adjugeant respectivement la quatrième et cinquième place de ce classement.

Exail Technologies : le démineur

Mais devant Totalenergies, Exail Technologies reste sur le podium des plus fortes progressions du SBF 120, avec une deuxième place (+46,01%). Autrefois nommée Groupe Gorgé, cette société s'est spécialisée dans les systèmes de navigation et de robotique maritime. Ce qui lui a permis de glaner, ces derniers trimestres, de nombreux contrats de la part des marines nationales pour la fourniture de drones sous-marins capables de détecter les mines en eaux profondes.

Les résultats annuels publiés par le groupe attestent de la dynamique commerciale d'Exail. Les prises de commandes ont augmenté de 87% à 844 millions d'euros et les revenus ont progressé de 28% à 479 millions d'euros. Le groupe s'attend à dégager une hausse à deux chiffres de ses revenus et une progression de son Ebitda courant supérieure à celle des revenus.

La guerre contre l'Iran a renforcé son attrait boursier et le groupe pourrait être amené à jouer un rôle actif dans le déminage du détroit d'Ormuz.

L'action gagne encore 200% sur un an et 540% sur trois ans. Cette ascension boursière lui a d'ailleurs ouvert les portes du SBF 120, en septembre 2025.

Exosens n'a pas non plus a rougir, s'adjugeant 26,32% depuis le début de l'année. Cette performance lui permet de pointer à la dixième place de ce classement. Le spécialiste de l’optronique pour les applications militaires a récemment décroché un important contrat avec l'armée américaine. L'action Exosens profite aussi de l’intérêt des investisseurs pour les actions du secteur de la défense en réaction à l'embrasement de la situation au Moyen-Orient.

Nanobiotix sur un parfum de rumeurs de rachat

Nanobiotix (+32,56%) pointe à la septième place de ce classement des plus fortes hausses du SBF 120 depuis le début de l'année. Pensionnaire du second indice de la Bourse de Paris depuis décembre 2025, cette société s'appuie sur les propriétés physiques des nanoparticules pour améliorer l'efficacité des radiothérapies.

Elle a récemment fait l'objet de rumeurs de rachat de la part du géant américain Johnson & Johnson, son partenaire depuis 2023. Ce que dément Nanobiotix, pointant "par ailleurs de nombreuses autres erreurs factuelles et inexactitudes" dans l'article de La Lettre ayant rapporté ces informations.

Dans l'univers de la santé, Ipsen se démarque aussi, gagnant plus de 34,79% depuis le début de l'année. Le laboratoire pharmaceutique qui s'est spécialisé dans les maladies rares a dévoilé une solide performance en 2025 et des objectifs 2026 salués par la communauté financière.

GTT figure à la huitième place (+29,76%), le spécialiste des membres cryogéniques destinés au transport de gaz naturel liquéfié profite de la récente flambée du prix du GNL. Son ancienne maison mère Engie, pointe à la dixième place de ce classement (+23%). En février, la société a livré des comptes supérieurs aux attentes au titre de l'exercice 2025 et a surtout annoncé une acquisition transformante, saluée par les analystes et le marché.

Vusion victime des craintes sur un "trou de croissance"

Du côté des baisses, le bonnet d'âne revient à Vusion (-46,38%). Avec un titre qui a perdu près de 50% de sa valeur en 2026, Vusion fait donc partie des grosses déceptions de la Bourse de Paris. Le spécialiste des étiquettes électroniques a subi les foudres du marché, lui reprochant d'être dépendant de son partenaire américain Walmart, qui est accessoirement le plus gros distributeur au monde.

En janvier, Vusion avait même plongé de 30% en l'espace de six séances après une banderille d'Exane BNP Paribas qui s'était montré sceptique quant à la trajectoire de croissance de Vusion au-delà de 2026. Le partenariat signé avec Carrefour le mois suivant n'était d'aucun secours et n'avait pas su apaiser les craintes des investisseurs sur la capacité de Vusion à négocier la suite de sa trajectoire de croissance après la fin du déploiement de ses étiquettes électroniques dans les Walmart des États-Unis.

Le groupe a annoncé en début de semaine que Walmart Mexico avait choisi sa solution Edgesense pour accélérer la transformation des magasins de l'antenne mexicaine du géant américain de la grande distribution. Stifel avait noté que ce contrat "montre que Walmart pourrait rester un client majeur pour le groupe au cours de l'année à venir et que l'effet de base défavorable lié au déploiement d'Edgesense chez Walmart US au cours de l'exercice 2026 pourrait être atténué par la signature de nouveaux contrats avec Walmart International (à commencer par le Mexique) et par des prestations de services (telles que Captana)".

Ubisoft, d'avertissements en avertissements sur résultats

La deuxième pire performance du second indice de la Bourse de Paris est encaissée par Ubisoft (-30,69%). En début d'année, l'éditeur de jeux vidéo s'était effondré de 39,8% en Bourse, la plus forte chute de son histoire après un énième (et conséquent) avertissement sur résultats pour son exercice clos en mars prochain.

Les analystes n'y croyaient pas et ils ont été quand même déçus. Pis, ils ne sont pas optimistes pour la suite. "La perspective d’un retour à une génération de cash nous semble lointaine et la structure financière devrait de nouveau être fragilisée à court terme", avait alors prévenu TP ICAP Midcap.

Autre abonné aux déceptions, Worldline pointe à la troisième place de "ce flop", avec un retard de 36,46% accusé sur les trois premiers mois de 2026. Le spécialiste des solutions de paiements qui avait déjà abandonné 81,5% de sa valeur en Bourse l'an passé, met tout en œuvre pour tourner la page d'une longue bérézina boursière, avec des opérations financières qui doivent l'aider à redresser ses finances et à relancer sa croissance.

Or, cette remise à plat du bilan de la société via plusieurs augmentations de capital va donc induire une énorme dilution des actionnaires et donc un plongeon du cours de Bourse. Les fonds levés à l'occasion de ces opérations seront donc dédiés au financement des besoins généraux du groupe, et notamment son plan de refondation "North Star 2030", annoncé en novembre 2025.

Stellantis : un parcours loin d'être brillant

Stellantis souffre depuis le début de l'année, avec une chute de 35,44% de son action, la quatrième plus forte du SBF 120. Son action lâche encore plus de 60%, et la capitalisation boursière du constructeur automobile a été divisée par plus de quatre par rapport à ses sommets atteints en mars 2024.

Le groupe a été plombé par d'importants stocks aux États-Unis qu'il n'a résorbés que trop tardivement, voyant ses parts de marché chuter jusqu'à l'année dernière. En début d'année, le groupe a donc passé ses comptes à la paille de fer, en décidant d'abaisser ses ambitions dans l'électrique au profit des automobiles thermiques.

Atos qui avait gagné plus de 90% l'an passé, le groupe de services informatiques a retrouvé le chemin de la baisse, avec un titre qui perd 32,73% sur les trois premiers mois de 2026. Le groupe continue ses efforts pour reconquérir les investisseurs, avec son plan "Genesis". Cette feuille de route vise à dégager entre 8,5 et 9 milliards d'euros de revenus en 2028, un montant qui peut être porté à jusqu'à 10 milliards d'euros, en cas d'acquisitions "ciblées et rigoureuses". Atos vise aussi à cet horizon une marge opérationnelle de 10%.

Les craintes sur l'IA ont bousculé les ESN

Le groupe est suivi de près par Capgemini (-29,35%) qui a été malmené ces derniers mois par les craintes des investisseurs de disruption de l'intelligence artificielle sur le secteur des services informatiques. Le 3 février, la start-up américaine Anthropic a dévoilé un outil juridique qui, selon elle, peut automatiser des tâches telles que la révision de contrats et les briefings juridiques.

Capgemini a été pointée du doigt par Morgan Stanley, l'analyste considérant le groupe français comme une victime idéale de ces craintes liées à l'IA. "Nous pensons qu'il existe un scénario crédible de 'disruption' dans le secteur des services informatiques, lié à la pression sur les prix et à la désintermédiation de certains domaines de services, et nous pensons que cela continuera à peser sur la trajectoire du chiffre d'affaires, l'augmentation des marges et, en fin de compte, les multiples de valorisation", avait prévenu le bureau d'études.

Dans ce même univers, Alten (-27,67%) et Dassault Systèmes (-27,56%), respectivement huitième et neuvième de ce classement, ont aussi souffert en début d'année. Le groupe d'ingénierie et de conseil en technologies a, comme Capgemini, lui aussi été emporté par les craintes du marché autour de l'IA. La société a aussi fait état en février dernier d'une baisse importante de ses comptes annuels 2025, plombés par son exposition au secteur automobile où les industriels confrontés à des pressions sur la demande et les prix, ont dû couper leurs budgets.

De son côté, l'éditeur de logiciels professionnels peine depuis plusieurs trimestres à tenir son rang de valeur de croissance, enchaînant les lourdes déceptions. C'était encore le cas en février dernier, Dassault Systèmes avait essuyé une violente correction en Bourse, châtié pour avoir annoncé une croissance au ras des pâquerettes et, des perspectives décevantes.

LVMH (-28,67%), qui encaisse la huitième pire performance du SBF 120 depuis le début de l'année, n'a pas été épargné par l'aversion au risque lié au conflit au Moyen-Orient. Le titre de la première capitalisation boursière à Paris n'avait jamais connu pareil début d'année de son histoire, signale même Bloomberg.

Bernstein rappelait récemment que le "Moyen-Orient a été la région qui a connu la croissance la plus rapide au cours de l'exercice 2025, avec une croissance organique (hors effet de changes et de périmètre, NDLR) de +6/8% dans un secteur stable. Cela s'explique à la fois par l'hyper-tourisme, mais surtout par la force des particuliers fortunés locaux".

Cet accès de faiblesse du titre LVMH laissait entrevoir la possibilité pour Totalenergies, qui gagne plus de 45% en 2026 avec la hausse des hydrocarbures, de reprendre la couronne de première capitalisation de la Bourse de Paris au géant du luxe.

Pour autant, la capacité de rebond de LVMH ne doit pas être sous-estimée. Les analystes voient même le groupe repartir de l'avant en Bourse. Dans une note publiée en mars, HSBC avait relativisé l'importance du conflit au Moyen-Orient. Citi écrivait mi-mars que LVMH présentait un point d'entrée pour se positionner sur l'accélération de la croissance et l'amélioration des résultats attendue cette année, voyant l'action aller à 621 euros.

Essilorluxottica clôt cette revue des pires performances du second indice de la Bourse de Paris. Le titre du spécialiste franco-italien d'optique souffre en Bourse, lâchant 26,49% sur les trois premiers mois de l'année 2026. Le groupe a aussi été emporté par les craintes sur le secteur du luxe avec le conflit au Moyen-Orient, mais aussi celles liées à la concurrence d'autres acteurs dans les lunettes gonflées à l'IA.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+329.50 % vs +60.17 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour